2007/02/18

Apprendre et innover avec les jeunes

Par Marlène Lebreux, Communications
Gérald Charron

On associe souvent M. Gérald Charron, enseignant à l’École du Grand-Fleuve, à ses multiples projets. Notamment, « J’prends soin de mon dos avec mon sac à dos » et « J’prends soin de ma santé avec mon dîner » lui ont valu une grande reconnaissance de la part du milieu. Mais au-delà des prix et des récompenses, des mentions et des félicitations, pour lui, le développement de projets pédagogiques présente avant tout d’incroyables occasions d’apprendre, de partager, de se dépasser…

Comment se passe les premiers balbutiements d’un projet ? Est-ce que l’on se lève un matin, une idée de génie en tête et le regard déterminé à concrétiser le fruit de son imagination ?
(Rires !) Il y a effectivement des journées où l’on est plus inspiré que d’autres ! Mon intérêt pour le démarrage de projets en milieu scolaire est né, il y a environ quatre ans. J’ai assisté à un séminaire où j’ai appris qu’il existait des programmes de subventions pour encourager la création de projets pédagogiques. C’est alors qu’avec ma stagiaire de l’époque, Sophie Bérubé, nous avons monté un projet en écriture et lecture. Il s’agissait de cartons confectionnés par les élèves du troisième cycle du primaire destinés à aider les élèves de 3e année dans leurs exercices de lecture. Les plus vieux devenaient en quelque sorte des minienseignants !

Cette activité a sûrement été des plus enrichissantes pour les élèves, mais également pour la future enseignante...
En effet. Je tiens d'ailleurs à souligner la collaboration des stagiaires qui sont passés dans ma classe. L’échange de nos idées a permis de réaliser de belles choses. Durant l’année scolaire 2004-2005, avec un autre stagiaire, nous avons eu l’idée de peser les sacs à dos des élèves pour vérifier s’ils respectaient les normes, c’est-à-dire s’ils pesaient moins de 10 % de leur poids corporel. Les jeunes ont vraiment été interpellés par ce projet. Ils ont travaillé en équipe sur différents aspects : les qualités d’un bon sac à dos, les conséquences de transporter un sac trop lourd, les recommandations pour bien ranger les livres dans son sac...

Vous arrive-t-il encore de peser les sacs à dos de vos élèves ?
Oui ! J'ai même encore dans ma classe des balances à la disposition de quiconque voudrait savoir le poids de son sac à dos !

On a récemment entendu beaucoup parler des petits chefs cuisiniers de l’École du Grand-Fleuve…
Ce projet, a encore une fois, débuté en travaillant avec une autre stagiaire. Nous voulions démarrer un projet axé sur la santé et les aliments. J’Prends soin de ma santé avec mon dîner a mené à la création de napperons et d'un livre de recettes. Puis, cette année, un volet communautaire s’est greffé au projet. Les élèves ont fait la cuisine avec les membres du Cercle des fermières et de la Chaudronnée des cuisines collectives pour préparer des pâtés et des pots de sauce à spaghetti, qui ont été distribués à des familles plus démunies de notre communauté. Je suis vraiment très fier de la façon dont s'est développé ce projet. Il a permis la rencontre de gens de générations différentes et de montrer aux jeunes à quel point travailler pour faire le bien peut être plaisant.

Avez-vous remarqué si certains élèves ont transporté à la maison leurs compétences culinaires ?
Plusieurs parents me disent que leur jeune participe maintenant à la préparation des mets à la maison. Une dame m’a même dit que son fils faisait d’excellents muffins santé.

Aussi bons que les siens ?
Meilleurs même !

Cette année, y a-t-il un nouveau projet qui mijote ?
J’ai voulu cette année faire un suivi des deux précédents projets et les combiner ensemble. Par exemple, en octobre dernier, les élèves ont été sensibilisés à des concepts liés à l’ergonomie. Adopter la posture adéquate en classe (comment on place sa feuille et tient son crayon, par exemple) semble un exercice bien simple, mais pourtant on oublie trop souvent quelles sont les bonnes manières ! Alors, cette année, on parle de La santé sous toutes ses formes.

Vos élèves et vous avez été lauréats de plusieurs prix, notamment dans le cadre du Concours québécois en entrepreneuriat. Quelle est la principale satisfaction que vous retirez à vous investir autant ?
Sur le plan personnel, j’ai gagné en assurance. Cela dit, en 2003, quand j’ai remporté mon premier prix décerné par le Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CPIQ), je n’étais même pas présent à la cérémonie ! J’étais bien trop intimidé. Maintenant, je suis plus à l’aise durant ce genre d’événement.
À travers ces projets, j’ai également vécu mes premières conférences de presse. Tout le travail entourant la recherche de commanditaires, les relations publiques et l’organisation d’événements m’était jusque-là inconnu. J'ai énormément appris. C'est vrai que l'on s’investit beaucoup, mais on reçoit tellement en retour de la part du personnel, de la communauté, des parents, des élèves…
Je crois que l'on se souvient toujours de ce qui sort de l’ordinaire, des projets qui laissent des traces et qui nous ont permis de tirer profit d’habilités insoupçonnées. Ainsi, si j’ai pu transmettre le goût d’entreprendre et de sortir des sentiers battus à des jeunes, ce sera là ma plus grande source de fierté.

Merci M. Charron.
Bonne continuation...
Je suis persuadée que l'on aura très bientôt vent d'un autre de vos captivants projets !

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