2007/01/30

Natation, vélo et marathon !

Par Marlène Lebreux, Communications

Habités par une passion qui fait battre leur cœur et un VO2 max du tonnerre qui les mène du départ à la ligne d’arrivée, les triathlètes démontrent que les épreuves d’endurance ne leur font pas peur. Parmi eux Michel Gagné, conseiller pédagogique aux Services aux entreprises, et Gerry Fassett, conseiller à l’élève à l’École de la Clé-du-Boisé. Nous les avons rencontrés.

Sur le site du Club Triaction de Lévis, on peut jeter un coup d’œil aux diverses compétitions auxquelles vous avez participé au cours des dernières années. Les Ironman (3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon complet de 42,2 km) sont devenus des épreuves récurrentes pour vous. À quel âge avez-vous participé à votre premier Ironman ?

Gerry Fassett : J’avais environ 50 ans. J’ai toujours été très actif. Je suis également un adepte d’activités de plein air. J’aime prendre part à des expéditions en vélo, en canot, en ski de fond ou encore en raquettes dans des coins de pays les plus inusités, comme dans le Nord du Québec et le Labrador.
Michel Gagné : Je pratiquais la course à pied depuis l’âge de 17 ans et j’aimais beaucoup le canot de rivière, le vélo de montagne… Mais ce n’est que dans la quarantaine que le goût de faire des compétitions m’est venu. Quand j’ai participé à mon premier Ironman, j’avais 47 ans.

Quand vous vous êtes lancés dans ce type de compétition étiez-vous des athlètes qui excellaient dans les trois disciplines (la course à pied, le vélo et la natation) ?

Michel : À 43 ans, je n’étais même pas capable de faire deux longueurs de piscine ! Quand j’ai décidé de faire de la compétition, je me suis donné cinq ans pour bien me préparer. Le problème de certains sportifs est bien souvent de vouloir trop rapidement se lancer dans les grandes compétitions. Donc, pendant cinq ans, je me suis entraîné pour être en mesure de parcourir minimalement 150 longueurs de piscine et 150 km de vélo. J’ai aussi participé à mes premiers marathons. J’en ai fait onze en cinq ans.
Gerry : J’avais fait énormément de randonnées en vélo. Quant à la course à pied, étant un joueur de football, de baseball et de hockey, je possédais une bonne capacité physique. Mon problème était la natation. Je n’ai jamais eu peur de l’eau, mais techniquement, je n’étais pas un très bon nageur. J’ai dû suivre deux cours de natation pour désapprendre ce que je m’étais enseigné moi-même. Encore aujourd’hui, je ne me considère pas comme un excellent nageur, mais j’aime beaucoup la natation.

Pour demeurer en forme, la plage horaire réservée à vos heures d’entraînement doit sûrement être énorme ! Est-ce que les membres de votre entourage vous encouragent dans vos ambitions sportives ?

Gerry : Tout d’abord, je ne peux pas dire que je suis le plus assidu en ce qui concerne mes heures d’entraînement… Disons que je peux compter sur de bons antécédents héréditaires. Mais effectivement, je reçois les encouragements de mon entourage. Ma conjointe est une ancienne patineuse artistique d’excellent calibre. Elle fait aussi des triathlons de distance olympique. Mes enfants sont également sportifs. Et puis, je me tiens avec un groupe de gens qui, sans se prendre trop au sérieux, ont du plaisir à s’autodépasser. Il n’y a pas de rivalité malsaine entre nous. On s’encourage beaucoup, on « s’auto contamine » !
Michel : Je m’entraîne environ 12 heures par semaine et cela peut aller jusqu’à 20 heures durant l’été. En fait, ma compagne, Francine Amyot, et moi partageons la même passion. C’est certain que cela créé un contexte très motivant. Ensemble, nous nous entraînons, voyageons et participons à différentes compétitions au Québec et ailleurs. Elle a été la première Québécoise à réaliser le double Ironman et elle m’a donné le goût de faire cette épreuve. Ainsi, l’automne dernier, je réalisais mon premier double Ironman en Virginie (7,6 km de nage, 360 km de vélo et 84,4 km de course à pied).

Et vous Gerry, avez-vous déjà participé à des doubles Ironman ?

Gerry : J’en ai cinq de complétés à l’heure actuelle. Des doubles Ironman, il y en a que sept ou huit dans le monde, dont un à Lévis. On dit que l’on ne serait pas plus de 250 athlètes dans le monde à faire ces folies-là ! Mais il faut dire que c’est plutôt dispendieux de participer à ces événements sportifs.

Êtes-vous satisfait de votre parcours à titre d'athlète ?

Michel : Oui, je suis content ! Considérant le groupe d’âge dans lequel je suis et le nombre de personnes qui courent dans les compétitions, je suis d’avis que je me classe bien. Mais mon objectif n’est pas tant de me comparer aux autres. Ma fierté vient plutôt de la possibilité de me dépasser à chaque fois. C’est d’abord contre moi-même que je suis en compétition. Au-delà des premières places, mon grand objectif est davantage de participer à des événements sportifs le plus longtemps possible.
Gerry : Ma plus belle satisfaction est le plaisir de partager des trucs et des conseils avec des personnes qui veulent se dépasser ou encore s’initier à la pratique du vélo ou du ski de fond. Il m’est déjà arrivé d’aider un jeune athlète en vue d'une compétition et de faire en sorte qu’il termine la course avant moi ! Motiver les gens à surpasser leurs limites, c'est d'ailleurs cela qui m’a amené à m’intéresser au monde de l’éducation. Car, à vrai dire, quand j'étais jeune, je n’aimais pas vraiment l’école.

Racontez-nous un moment de compétition inoubliable.

Michel Gagné : Le premier Ironman de Val-d’Or. Eh oui ! J'avais découvert la tenue de cet événement tout à fait par hasard. J'ai communiqué avec l’organisateur par Internet. Quand je lui ai demandé combien il y aurait de participants et il m’a répondu : deux ! Lui et moi ! C’était super le fun ! Les gens et les enfants sont restés toute la journée pour nous encourager. L’atmosphère était tout à fait spéciale ! L’organisateur est d’ailleurs devenu un ami. D’une compétition à l’autre, la possibilité de connaître des gens – des Français, des Autrichiens, des Italiens, des Russes, etc. – est d’ailleurs un aspect que j’apprécie beaucoup. Et je m’aperçois que c’est davantage possible dans le cadre de compétitions de moindre envergure. Maintenant, j’ai des amis un peu partout dans le monde !
Gerry : J’ai participé pendant un peu plus de 20 ans au Marathon canadien de ski de fond de Buckingham – Lachute, ou vice versa selon les années. C’est vraiment quelque chose ! C’est 85 km par jour pendant deux jours. J’ai toujours skié dans la catégorie « coureur des bois », ce qui veut dire que l’on doit traîner un sac à dos et coucher à l’extérieur. Une année, avec le facteur de refroidissement, il faisait
- 48 oC ! Au départ, nous étions 99 et à la fin de la deuxième journée, nous n'étions plus que 13 ! On ne sait jamais ce qui nous attend durant ce marathon. Le parcours est composé de pentes souvent abruptes avec des virages assez prononcés. C’est pourquoi il arrive des accidents. Il y a deux ans, je me suis fêlé des côtés. De tout ce que j’ai accompli jusqu'à présent, je pense que ce sont les compétitions les plus difficiles.

Présentement, quelles compétitions avez-vous dans votre mire ?

Michel : Un Ironman qui aura lieu en mai en Espagne. L’année dernière, ils étaient 69 participants. De plus, les 6 et 7 juillet prochain, je fais partie de l’organisation du Triathlon de Lévis.
Gerry : Je prévois parcourir les 125 km de sentiers en montagne de la Canadian Death Race, une compétition reconnue pour son haut niveau de difficulté qui a lieu en août dans l’Ouest canadien. Cet été, il y a également le double Ironman de Lévis et le Rockman, une toute nouvelle course dans la région qui nous transporte à Rivière-du-Loup, dans Charlevoix et sur l’Île d’Orléans. Puis, j’aimerais un jour revoir Terre-Neuve et le Labrador en ski de fond et en canot et, un jour, faire d’Ouest en Est le Canada à vélo.


Merci à vous deux !
Bonne prochaine course !

Deux grands athlètes !

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